Il marche. Toujours. Le soleil tape sur sa nuque. Une capuche couvre son visage, brouille ses traits. Ses habits de cuir simple sont usés par les intempéries, recouvert de la poussière du voyage. Dans sa main gauche, il y a un bâton fait en bois d'ébène. Sur sa peau tannée par le soleil, brulée par l'astre étincelant, on peut voir, de temps à autre, une goutte de sueur roulée sur sa peau. Une goutte de sueur? Ou plus? On ne le sauras sans doute jamais.
Malgré sa fatigue évidente, ses gestes sont simple et précis, enplis de puissance. Il marche toujours.
Quand le soleil arrête de tapé, il s'assoit. La lande autour de lui est sauvage. Irrépressible. Pourtant, il ne semble pas s'en inquiété. Il sort de sa poche une part de viande séchée. Il la mange lentement, les yeux fixés sur la lune. Quand il a fini son maigre repas, il se frotte les mains. Se lève. Pour la première fois, sa capuche tombe. Un visage bronzé apparait alors. C'est un vieil homme. Un nez aquilin, des sourcils brousailleux, et une légère couche de cheveux sur son crâne. Et surtout, ce qui attire l'attention, ses yeux. Dorés. Mais il se moque bien de son apparence. Il sera bientôt libre. Il a joué tellement à ce jeu de cache-cache. Maintenant, c'es fini. Il ne lui reste aucune ressource, rien. Seul son envie de vivre persiste. Mais plus de la même façon. Quelque chose à changer. Il l'a trouvée. Sa voie. La voie de la liberté. Lentement, il s'avance. Le bruissement du vent sur les feuilles mortes accompagne sa progression. Enfin, il ya arrive. Il s'en approche. L'Oeil d'Otolep est exactement comme dans son souvenir. Un mélange de puissance, et de sérénité écrasante, réduisant le plus puissant homme du monde au rang de fourmi. Toujours lentement, il enlève ses habits. Se glisse dans le lac. Juste avant de s'immerger totalement, il regarde le ciel, et murmure:
"Merci, ô puissante Harmonie. Grâce à toi, je vais enfin pouvoir commencer à apprendre."
L'eau le recouvre.
Le lendemain matin, quand un voyageur arriva, il découvrit les habits abandonnés de quelqu'un. Pensant que c'était un homme qui c'était suicidé suite à un chagrin d'amour, il partit en courant.
Derrière un buisson, un jeune loup au poil gris et aux yeux dorés guette la scène. Il lanca son puissant corps en arrière, et hurle.